Le voyage en solo concerne aujourd’hui des profils démographiques très différents les uns des autres. Qui sont réellement ces voyageurs, et quels segments se distinguent dans les données récentes ? Les personnes qui voyagent seules ne correspondent plus à une catégorie unique : âge, statut relationnel et motivations varient considérablement.
Profils des voyageurs solo : données démographiques comparées
Le rapport DERTOUR Group (European Travel Trend Report, 2026) détaille la répartition des intentions de voyage solo par segment. L’intention de voyager seul ne se concentre plus sur une seule tranche d’âge ou un seul statut relationnel.
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| Segment | Intention de voyage solo | Observation |
|---|---|---|
| Célibataires | environ 38 % | Segment historiquement dominant |
| Personnes en couple ou mariées | environ 25 % | Un quart du segment, loin d’être marginal |
| 55-65 ans | Niveau quasi comparable aux 25-34 ans | Infirme le cliché du solo réservé aux jeunes |
| Femmes | Segment en forte croissance | Moteur principal de la tendance en 2026 |
Ce tableau met en évidence un point central : le voyage solo concerne désormais aussi les couples et les seniors. Le célibat reste un moteur, mais il n’explique qu’une partie du phénomène.

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Voyageurs solo en couple : pourquoi partir sans son partenaire
Le fait qu’environ un quart des personnes en couple envisagent un séjour solo surprend souvent. Les raisons sont concrètes : congés décalés, centres d’intérêt divergents, besoin de coupure individuelle.
Ce n’est pas un signe de conflit conjugal. Plusieurs destinations adaptées au slow travel (Portugal, Japon, pays scandinaves) attirent ces voyageurs qui cherchent un rythme personnel sans compromis de groupe.
En revanche, ce segment a des attentes différentes des célibataires. Les personnes en couple qui voyagent seules privilégient souvent des hébergements confortables et des séjours plus courts, là où les célibataires optent davantage pour des expériences longue durée en auberge.
Seniors et voyage solo : le segment des 55-65 ans
Les données du rapport DERTOUR montrent que les 55-65 ans affichent une intention de voyage solo presque équivalente aux 25-34 ans. Ce segment dispose de trois avantages structurels :
- Une flexibilité temporelle supérieure, avec des départs possibles en dehors des périodes scolaires, ce qui réduit le budget et la fréquentation
- Un pouvoir d’achat souvent plus élevé, permettant d’accéder à des circuits privés ou des séjours organisés avec accompagnement local
- Une expérience de voyage accumulée qui diminue les freins liés à la sécurité ou à la logistique
Ce profil recherche moins la rencontre sociale que la liberté de rythme. Les destinations à forte composante culturelle (musées, gastronomie, patrimoine) arrivent en tête de leurs préférences.
Différence avec les jeunes voyageurs solo
Les 25-34 ans qui voyagent seuls citent plus fréquemment la quête de rencontres et le dépassement de soi. Les seniors, à l’inverse, mettent en avant la possibilité de ne rendre de comptes à personne sur l’organisation quotidienne.
Cette distinction a un impact direct sur le type de destination choisie. Un jeune voyageur solo se tournera vers des pays à forte densité d’auberges de jeunesse et de communautés de backpackers. Un senior préférera un pays où l’offre hôtelière et les transports sont fiables, comme le Portugal ou le Japon.
Le profil JOMO : déconnexion numérique et slow travel en solo
Un profil émergent se détache dans les tendances européennes : le voyageur solo motivé par la déconnexion. Le terme JOMO (Joy of Missing Out) désigne cette recherche volontaire de coupure avec le numérique et l’hyperconnexion.
Ce profil ne cherche ni performance ni accumulation de destinations. Il privilégie un séjour unique, long, dans un lieu calme. Le slow travel en solo attire particulièrement les actifs entre 35 et 50 ans, souvent confrontés à une charge mentale professionnelle élevée.
Les caractéristiques de ce voyageur sont spécifiques :
- Choix de destinations rurales ou insulaires avec une connexion internet limitée
- Préférence pour les hébergements indépendants (location, gîte) plutôt que les structures collectives
- Durée de séjour plus longue que la moyenne, souvent supérieure à dix jours
- Faible utilisation des réseaux sociaux pendant le voyage
Ce segment se distingue nettement des voyageurs solo « classiques » qui documentent leur expérience en ligne. Le voyageur JOMO considère l’absence de partage numérique comme une composante du séjour, pas comme un manque.

Femmes voyageuses solo : moteur principal de la tendance en 2026
Les femmes représentent le segment qui tire la croissance du voyage en solo. Le phénomène n’est pas nouveau, mais son ampleur s’accélère. Les recherches liées au voyage solo féminin ont atteint un niveau record en 2026.
Les motivations diffèrent partiellement de celles des hommes. La liberté et l’indépendance arrivent en tête, mais la dimension de confiance en soi est plus souvent citée. La question de la sécurité reste un critère de choix de destination, ce qui oriente vers des pays perçus comme sûrs : Portugal, Japon, Scandinavie, Canada.
En revanche, les femmes voyageuses solo ne forment pas un bloc homogène. Une femme de 28 ans en sac à dos en Asie du Sud-Est et une femme de 60 ans en circuit culturel au Portugal partagent le statut de « voyageuse solo » sans partager grand-chose d’autre en termes de budget, de rythme ou d’attentes.
Le voyage en solo ne se résume plus à un type de personne. Les données récentes montrent cinq profils distincts qui cohabitent : célibataires en quête de rencontres, couples en recherche de temps individuel, seniors libérés des contraintes d’agenda, actifs en déconnexion JOMO, et femmes de tous âges portées par une dynamique d’indépendance. Chacun de ces segments choisit des destinations, des durées et des hébergements différents.