Un salarié qui habite à 25 km de son lieu de travail et roule avec une voiture de 5 CV parcourt environ 10 000 km par an pour ses trajets domicile-travail. Au moment de remplir sa déclaration de revenus, la question revient chaque printemps : combien vaut réellement ce kilomètre aux yeux du fisc, et combien coûte-t-il dans la vraie vie ?
Barème kilométrique 2026 : un gel depuis trois ans
Le barème kilométrique publié dans la brochure fiscale 2026 est reconduit à l’identique de celui de 2025, sans aucune revalorisation. Les coefficients utilisés pour calculer les frais déductibles n’ont pas bougé depuis 2023.
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La dernière hausse significative remonte justement à 2023, avec une revalorisation d’environ 5,4 % motivée par la flambée des prix des carburants. Depuis, ni 2024, ni 2025, ni 2026 n’ont donné lieu à un ajustement. On se retrouve donc avec un barème fiscal calé sur un contexte carburant vieux de trois ans.
Concrètement, pour une voiture de 5 CV parcourant 10 000 km dans l’année, la formule applicable est : (d x 0,357) + 1 395. Cela donne une déduction de 4 965 euros. Pour un véhicule de 4 CV sur le même kilométrage : (d x 0,340) + 1 330, soit 4 730 euros.
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Ce montant couvre théoriquement l’amortissement du véhicule, l’assurance, les frais d’entretien et le carburant. Sur le terrain, les retours varient sur ce point : selon le type de véhicule et la région, le barème peut couvrir les frais réels ou rester en dessous.
Coefficients par puissance fiscale et kilométrage annuel
Le barème distingue trois tranches de distance pour les automobiles, avec des coefficients différents selon la puissance administrative. Voici les valeurs applicables en 2026 :
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d x 0,529 | (d x 0,316) + 1 065 | d x 0,370 |
| 4 CV | d x 0,606 | (d x 0,340) + 1 330 | d x 0,407 |
| 5 CV | d x 0,636 | (d x 0,357) + 1 395 | d x 0,427 |
| 6 CV | d x 0,665 | (d x 0,374) + 1 457 | d x 0,447 |
| 7 CV et plus | d x 0,697 | (d x 0,394) + 1 515 | d x 0,470 |
Pour les deux-roues de plus de 50 cm3, un barème distinct s’applique, avec des tranches à 3 000 km et 6 000 km. Les cyclomoteurs disposent aussi de leur propre grille, avec un coefficient de 0,315 par kilomètre jusqu’à 3 000 km.
Majoration de 20 % pour les véhicules électriques
Un point que les salariés roulant en électrique oublient parfois : une majoration de 20 % s’applique au montant calculé via le barème standard. On utilise d’abord la formule correspondant à sa puissance fiscale et son kilométrage, puis on ajoute un cinquième au résultat.
Pour reprendre notre exemple d’un véhicule de 5 CV parcourant 10 000 km, la déduction passe de 4 965 euros à 5 958 euros avec un modèle électrique. L’écart est loin d’être négligeable sur une déclaration.
Cette majoration compense en partie le prix d’achat plus élevé des véhicules électriques et le coût d’installation d’une borne à domicile. Elle ne change pas les coefficients du barème, mais elle modifie significativement le montant final déductible.
Frais réels ou déduction forfaitaire : quand le barème kilométrique vaut le coup
Par défaut, l’administration fiscale applique une déduction forfaitaire de 10 % sur les traitements et salaires. Opter pour les frais réels via le barème kilométrique n’a de sens que si le total dépasse ces 10 %.
Pour faire le bon choix, on peut vérifier quelques critères :
- La distance domicile-travail dépasse 15 km (aller simple), ce qui génère un volume de kilomètres annuel suffisant pour que le barème devienne avantageux
- Le véhicule a une puissance fiscale de 4 CV ou plus, car les coefficients augmentent avec la puissance
- On ajoute d’autres frais réels déductibles (repas, double résidence, formation), qui viennent gonfler le total
Attention : la distance prise en compte est plafonnée à 40 km entre domicile et lieu de travail (soit 80 km aller-retour), sauf justification particulière liée à l’emploi ou à des contraintes familiales. Au-delà, il faut démontrer que l’éloignement n’est pas un choix de convenance.
Indemnités kilométriques versées par l’employeur : un autre calcul
Le barème fiscal sert à la déclaration de revenus, mais côté employeur, le remboursement des frais kilométriques suit ses propres règles. L’entreprise peut s’appuyer sur le barème de l’administration fiscale pour fixer ses indemnités, et dans ce cas les sommes versées sont exonérées de cotisations sociales.
Un arrêté du 29 mai 2026 a par ailleurs temporairement relevé certains montants d’indemnités kilométriques pour des déplacements réalisés entre le 1er juin et le 31 décembre 2026, dans certains secteurs comme la fonction publique. Ce type de revalorisation ponctuelle ne modifie pas le barème fiscal général, mais change le montant effectivement perçu par les agents concernés.

Pour les salariés du privé, l’employeur peut aussi verser une prime de transport ou une prise en charge des frais de carburant, distincte de l’indemnité kilométrique. Ces dispositifs se cumulent sous conditions, et leurs plafonds d’exonération évoluent régulièrement.
Le prix du kilomètre en 2026 n’a donc pas une seule valeur. Il dépend de la puissance fiscale du véhicule, du nombre de kilomètres parcourus, du type de motorisation et du cadre dans lequel on se place (déclaration d’impôt ou remboursement employeur). Le barème fiscal reste figé depuis 2023, ce qui crée un décalage progressif avec les coûts réels de déplacement, notamment pour ceux qui roulent au carburant fossile.